Le château de Chaligny détruit par le Duc de Lorraine.

La rue du château tourne et remonte vers la place de la 4ème république. C'est là qu'elle devient une ruelle étroite et un oeil averti se rend vite compte qu'il se trouve au pied d'une ancienne tour (photos 1 2,3 et 4). A l'intérieur de nombreux vestiges du passé que le nouveau propriétaire, amoureux des vieilles pierres, s'efforce de mettre en évidence. Sur les photos 1 et 5 on peut voir la meurtrière qui se trouve encore sur un mur.

Avec un bout de mur d'enceinte ( 6 et 7) donnant sur le chemin des grandes vignes, de grandes caves voûtées sous le parc, et ces vestiges à l'intérieur de quelques maisons de la place, c'est tout ce qui reste du château des seigneurs de Chaligny. Reste le mystère des souterrains que nous découvrirons dans la page "souterrains" .

 

 

Tiré de la page 98 du mémoire de 1903 écrit par Paul Fournier et édité par la Société d'Archéologie Lorraine et du Musée Lorrain.

Siège de 1467 à Chaligny.

<< ...A ce moment Jean de Fénétrange, maréchal de Lorraine, prit le commandement de l'armée. Les lorrains mirent alors le siège devant le château de Bainville-aux-Miroirs. C'est là que les bombardes lorraines eurent vite fait d'ouvrir la brèche sur deux points, si bien que le capitaine de Bainville se résigna à "demander parlement". Les défenseurs obtinrent de se retirer après avoir prêté serment qu'ils ne serviraient plus pendant cette guerre; le château fut détruit, le villagé brûlé, et les "bonshommes", c'est à dire les paysans, emmenés comme prisonniers à Bayon.

De Bainville l'armée lorraine, ne se hazardant pas à attaquer la place forte de Châtel, << s'en vint droit devant Challigny...Le siège fut mené régulièrement; des approches furent faites; la puissante artillerie lorraine produisit les mêmes effets décisifs qu'à Bainville. Quelques incursions de la garnison bourguignonne de Liverdun, au cours desquelles furent brûlés Condé (le Custines actuel) et Pompey-sous-Frouard, ne réussirent ni à intimider les assiègeants, ni même à distraire leur attention. Au bout de quelques jours, vraissemblablement vers la fin du mois d'août ou le commencement de septembre, Chaligny capitulait à des conditions à peu près analogues à celles que le gouverneur de Bainville avait dù accepter. Toutefois le village ne fut point brûlé, les paysans obtinrent des capitaines lorrains la permission de se rançonner. En attendant que la rançon fut payée, cent vingt des habitants "prins et couplés ensemble" furent conduits à Nancy et enfermés dans les tours de la porte de la Craffe. Ils ne quittèrent leur prison qu'après avoir versé au trésor Ducal une grosse somme d'argent et prêté serment que "bons Loherains seroient pour le temps advenir". Pour plus de sureté le gouverneur lorrain, non content d'avoir confisqué le domaine de Chaligny, fit démolir le château qui tant de fois avait causé des soucis aux ducs de Lorraine. Ce château ne fut jamais rétabli, à la fin du XVIIème siècle, le voyageur qui suivait les rives de la Moselle pouvait encore apercevoir sur la colline, une tour en ruines, dernier vestige de la forteresse des Vaudémont et des Neufchâtel. Depuis longtemp même ces ruines ont péri, une paisible maison occupe la place du donjon, tandis que des jardins et des vignes ont envahi l'emplacement encore reconnaissable des fossés Avec cette destruction, conséquence du siège de 1467, s'achève l'histoire militaire de Chaligny. >>

Dans le même ouvrage on peut lire ceci :

Alice de Joinville-Vaudémont épousa Thiébaut VII de neufchâtel, veuve à 35 ans. A sa mort, la seigneurerie passa aux mains de son fils Thiébaut VIII et Chaligny resta ainsi sous la direction des Neufchâtel, fidèles serviteurs des ducs de Bourgogne. Thiébaut VIII et son fils Thiébaut IX connurent la prospérité auprès des ducs de Bourgogne. En 1467, les bourguignons débutèrent les hostilités contre les ducs de Lorraine....