Les collectionneurs de cartes postales anciennes de Chaligny et ses environs, ainsi que les brocanteurs qui achètent et vendent ces souvenirs du passé, connaissent bien la collection Nicolle. (Emile Constant Nicolle)

Les chalinéens en voyage sont quelques fois surpris d'entendre prononcer son nom par un professionnel à l'autre bout de la France. Ce modeste photographe de village n'imaginait sans doute pas que ses clichés remporteraient un tel succès dans l' avenir.

Emile Nicolle est né à Chaligny le 12 mai 1859. Il a connu les débuts de la photographie et le succès qu'elle a rencontré puis le formidable essor de la carte postale. Il s'est donc tourné vers cette profession et son magasin se trouvait place de la quatrième République, devenu à présent la demeure familiale de Marcel et Serge Maxant. En plus de son activité principale, il faisait commerce de montres, réveils, chaînes ainsi qu'une partie épicerie-mercerie. Emile s'est mérié avec Marie Elise George le 8 décembre 1885, leur fils Gaston meurt le 25 mai 1911 à l'âge de 24 ans et ils adoptent Renée Revémont. Emile est décédé le 3 juillet 1936 à l'âge de 77 ans. Aussi seules les personnes très âgées de la localité se souviennent l'avoir côtoyé durant leur jeunesse.

<< J'ai bien connu monsieur Nicolle, raconte Pierre Réveillé, 81 ans. Dans son magasin, il y avait un décor qui s'enroulait et se déroulait comme un store. Il y avait également une chaise ancienne sculptée pour les poses assises ou appuyées. On le voyait partir avec son trépied sur le dos et la musette en bandoulière.. En 1930, c'est encore lui qui a fixé sur papier, notre groupe de communiants..>>

Des poses très longues

Gabrielle Dontail, âgée de 94 ans, l'a vu elle aussi avec son matériel sur l'épaule : << On le voyait partout, explique-t-elle, il prenait les mariages, les communions, le village, quelquefois il avait du mal de s'installer dans les rues du village en pente... Il lui arrivait d' en rater, c'est ce qui est arrivé avec la communion de ma soeur cadette.>>

Georges Reignier nous dit encore que << les poses étaient longues, il faisait la mise au point sous un rideau noir, puis il débouchait et rebouchait l'objectif à la main, pas de cellule ni de mise au point comme aujourd' hui.>>

M. et Mme Nicolle ont adopté Renée Revémont. En janvier 1920, Renée a épousé Georges labroche (clairon de l'armistice) et Paule Labroche, sa bru, nous confie : << Ma belle mère me disait souvent : " j'en ai fait de la marche avec M. Nicolle, il m'emmenait à pied jusqu' au camp de Bois L'Evêque pour faire des photos " .Les plaques ont été détruites à une époque où personne ne s' intéressait au passé comme maintenant et c'est bien dommage..>>

Emile Nicolle a raconté par la photo, la vie de son village et des alentours, tel un reporter, il a fixé sur ses plaques les évènements importants comme les grandes grèves du début du siècle, l'architecture des usines, des processions, des fêtes... Grâce à lui, on retrouve la grande fontaine de la place, les chariots chargés de fûts de vin, la construction des cités, etc... Pour les pesonnes qui s' intéressent au passé du village, c'est un vrai trésor.

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Le magasin de M. Nicolle est aujourd'hui la demeure de M. Serge Maxant qui nous explique : << Mon père a acheté le magasin en 1937 à M. Masson Nous avons bouché la vitrine plus tard..>>

M. Pierre Réveillé nous dit : << J'ai bien connu M. Nicolle, en 1930 c'est lui qui a photogrphié notre groupe de communiants. Dans son magasin il y avait un décor à dérouler ainsi qu'une belle chaise sculptée pour les poses. Il partait à pied, le trépied sur l'épaule et la musette en bandoulière..>>

         
       
         
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