Mazagran résidence secondaire de Mr Tisserand

Mazagran aurait été amènagé en résidence secondaire vers 1850. Le propriétaire du nom de Tisserand, pensait alors en faire un domaine viticole, puis un rendez vous de chasse... << A l'époque on donnait volontiers des noms de batailles aux propriétés privées, aussi ne faut-il pas s'étonner qu'un fait d' armes aussi célèbre que celui de Mazagran ait été donné à cette villa, explique Léon Bernard, instituteur à la retraite. L'origine du nom des lieux est un sujet passionnant auquel je me suis beaucoup consacré..>> A la page 131 de son livre "Histoires méconnues de ma vallée", l'écrivain Bernard Perrin donne lui aussi la même définition.<< Mazagran est le nom d'un village de l'Oranais en Algérie. Un fait d' armes l'illustra en 1840. Pendant trois jours, du 3 au 6 février, les 123 hommes du capitaine Lefèvre résistèrent à l'attaque des 14.000 hommes de Mustapha Ben Tami. Cet acte héroïque fut célébré en France, et à Nancy une rue porte son nom Il n'est donc pas étonnant que la propriété de Chaligny ait été ainsi nommée.>>

Les chalinéens apprendront que Tisserand avait également fait l'acquisition de l'ancien château, du moins ce qu'il en restait et avait entrepris la reconstruction d'une maison sur les anciens communs. En difficultés financières, il fut dans l'obligation de vendre l'ensemble. Vers 1880, Mazagran devint la propriété d'un professeur de droit, M. Gavet.

A la fin de la seconde guerre mondiale et le décès de Mme Gavet, le domaine tomba à l'abandon. Les communs ont été réhabilités mais le pavillon n'a jamais été reconstruit.

La famille l'Huillier a vécu à Mazagran : Roger-Paul et Pierre les fils, Berthe et Raymonde, toutes deux épouses Lambert. A l'époque il y aurait eu également un monsieur Dry surnommé "le père Dry".

Décès de Mme Betsi Gavet

A la page 124 de son livre "Histoire méconnue de ma vallée" Bernard Perrin nous dit << Le dimanche 10 septembre un premier bombardement par avion vise nettement Mazagran. M Simoutre écrit dans ses notes que 50 appareils participent au raid et constate qu'à la suite de cette opération, la pièce allemande située aux Essarts est devenue silencieuse... En début de l'après midi le tir devient plus offensif sur Mazagran, les allemands et leur état-major ont été repérés.Angoissée Mlle Louise gavet qui a laissé sa mère à la propriété aperçoit avec M. Goudot les bâtiments en feu. Une seule solution s' impose : il faut sous le bombardement porter secours. M. Georges Goudot, il convient de le dire aujourd'hui, éprouve des difficultés à trouver des volontaires. Son fils Pierre et Robert Dontail acceptent de l'accompagner avec deux allemands. Dans leur dos ils ont fixé une croix rouge. A 17 heures le groupe redescend avec un brancard sur lequel Mme Betsi Gavet grièvement blessée à une jambe et au bassin, repose livide... Mme Gavet décèdera de ses blessures en octobre..

La forêt rasée près de Mazagran

Article paru dans l' Est Républicain du vendredi 12 mars 1999

Depuis quelques temps le secteur de "Mazagran" fait l'objet de discussions animées dans la localité. Et pour cause, une équipe de bûcherons est occupée à raser la forêt jouxtant le chemin conduisant à la propriété ainsi qu' aux "Essarts".Ce morceau de forêt dévastée rappelle aux personnes âgées de pénibles souvenirs. Evénements que l'écrivain Bernard Perrin a rapporté dans son livre "Histoire méconnue de ma vallée" avec le grand souci de détail et de la vérité qui le caractérise. le dimanche 10 septembre 1944, un premier bombardement par avions vise nettement la région de "Mazagran" et la forêt de Haye. Mr Simoutre écrit dans ses notes que 50 appareils américians participent au raid et constate qu'à la suite de cette opération , la pièce allemande située aux "Essarts" est devenue silencieuse.

Terre brûlée

La journée du 11 septembre sera encore plus meurtrière, en début d'après-midi, le tir s'intensifie sur "Mazagran". Mlle Louise Gavet, habitante des lieux, se trouve alors au village et c'est en compagnie de Georges Goudot qu'elle aperçoit les bâtiments en feu. Mme Betsi Gavet étant restée à la propriété, Mr Goudot tente immédiatment d'organiser des secours. C'est finalement son fils Pierre et Roger Dontail qui acceptent de l'accompagner en compagnie de deux allemands. Dans leur dos, ils ont fixé une croix rouge. Lorsqu'ils redescendent vers 17 h, ils portent un brancard sur lequel, livide, Betsi Gavet grièvement blessée à une jambe et au bassin. Elle décédera des suites de ses blessures en octobre. << Le lendemain , 12 septembre, écrit encore Bernard Perrin, si la matinée est relativement calme, le tir d'artillerie reprend en début d'après-midi, à la fois sur Chaligny, le Haut de la Taye et la rue Salengro... Les avions ont lâché leurs bombes sur la forêt de "Mazagran" jusqu'aux roches de Messein, dans le but de détruire définitivement les pièces d'artillerie qui se trouvaient en position dans les bois...>> Quand les habitants de Chaligny, Chavigny, Neuves-Maisons, Messein quittent leurs caves, ils aperçoivent la forêt de la "justice" et le bois de "Chanois" totalement rasés alors que Mr Simoutre note dans son carnet << "Mazagran" apparaît comme une terre brûlée...>>