Chaligny ne voulait pas de la mine

Le 12 mars 1873, le conseil municipal décidait de ne pas accorder de concession minière à Victor De Lespinats et Cie, parce que l'exploitation envisagée englobait les sources du Val Fleurion, bien précieux qui alimentait les fontaines communales. Pour comprendre leur décision, il faut remonter 32 ans plus tôt où suite à une requête de la commune, une ordonnance royale en date du 23 novembre 1841 stipulait ceci : << considérant que le demande de Chaligny est fondée sur un véritable motif d' intérêt public...>> et autorisait le préfet de la Meurthe à passer contrat avec la localité; contrat de cession des sources et terrains renfermés dans un périmètre contenant 17 ares et 31 centiares au lieudit "Fontaine des étangs" appartenant au domaine, moyennant la somme de 461,29 F avec intérêts et paiement de tous frais, faits et à faire.

Suite à cet achat , dès 1842 la commune a dépensé de 60.000 à 70.000 F pour la recherche des eaux et l' établissement de fontaines (à l'époque les "pierres d'eau" n'avaient ni eau courante, ni égoût). En 1867, de nouvelles recherches en partie à ciel ouvert avec des tranchées à 5 m de profondeur et des galeries souterraines situées à 7 m, aux cantons de Gréhinvaux et de groffo, avaient permis de découvrir de nouvelles sources à grands frais. Après tous ces travaux et les énormes dépenses qui en découlaient, on imagine l' inquiètude des chalinéens pour leurs captages devant ces projets d'exploitation minière et le conseil refusa catégoriquement.

Refus bien inutile, car l'opiniâtreté de Victor De Lespinats, les résultats prometteurs des puits de recherche qu' il avait creusés en 1872 et 1873 avec l' accord de Chaligny (des courriers gardés aux archives départementales en témoignent), les rapports des ingénieurs de l' administration eurent bientôt raison de leur refus et le 23 avril 1874, un décret du président de la République autorisait la "Société des Hauts Fourneaux et Fonderie de Franche Comté des mines de fer hydroxide oolitique", à extraire le minerai sur le territoire des communes de Chaligny, Chavigny, Maron, Neuves-Maisons et Sexey-Aux-Forges.

Par la suite, la mine et l'usine bouleversèrent des siècles de tradition paysanne, les ouvriers vignerons et agriculteurs devinrent mineurs, sidérurgistes ou travaillèrent dans les carrières de castine. Il y eu la construction des cités, la coopérative, une autre façon de vivre venait de s'installer pour longtemps. l'eau en tout cas ne fut jamais détournée et ce sont les mêmes sources qui alimentent aujourd'hui les chalinéens en eau potable. A présent, cette eau est légérement chlorée car d 'autres dangers la guettent, la pollution (et son prix de plus en plus élevé).

 
   
   
               
   
 
     
               
   
 
     
               
   
 
     
               
   
 
       
               
   
 
         
               
                   
                     
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Sur la 1ère photo en haut à gauche, les anciens ont reconnu, de gauche à droite : 1-Louis Sabatin, 2-Auguste Maxant, 3- Victor Thouvenin, 4-non reconnu, 5-Louis Collin (grand père de Martine, Mme Maire), 6- Hennequin, 7- Marcel Claude. A gauche le bâtiment de la sous-station électrique, au centre le bureau des porions où était remise la paye chaque quinzaine, à droite l' entrée de mine et au-dessus le château d' eau. Sur la sous-station on peut lire la date de sa construction 1918.

Deuxième photo : grêve après l'entrée de mine du Val Fleurion en montant vers le carrefour de la Vierge.

L'entrée de mine du Val Fleurion, utilisée par le personnel, fut certainement percée pour acheminer la pierre castine (calcaire) vers les accus du Val de Fer. Sur le côté gauche de la photo on distingue les deux voies qui permettaient la manutention de la castine. Un remonte pente d' au moins 200 m assurait la manoeuvre des vagons. Les vagonnets étaient placés par 3 sur une plateforme et un système astucieux utilisait le poids des vagons pleins pour haler les vides jusqu'à la carrière. Le croisement s'effectuait au milieu grâce à une courte voie secondaire. Aux archives de sérémange on peut lire un arrêté préfectoral autorisant l' ouverture de la carrière castine le 7 juin 1892.

Troisième photo : La mine Ste Anne à Sexey-Aux-Forges.

Quatrième photo : Entrée de mine du Val de Fer vers 1954. Devant Robert Prétôt, 2ème rangée Henri Barizet et Maurice Chaffin, 3ème rangée Paul Blaise et André Colnelle.

Cinquième photo : 1- André Bastien, 2- Eugène Castor, 3- Hubert Boulanger, 4- René Franzem, 5- Lucien Magron.