Article paru dans la presse le 2 décembre 1964 :

DEJA A LA FIN DU SIECLE DERNIER

LES MINEURS DE FER DE CHALIGNY HONORAIENT SAINTE-BARBE AVEC FERVEUR

Vendredi 4 décembre : Sainte-Barbe, grande fête pour les mineurs en général et pour ceux de la mine de Maron Val-de-Fer en particulier.

Qui était Sainte-Barbe ? Pourquoi est-elle la patronne des mineurs ?

Bien que la vie de la Sainte reste confuse, dans l'histoire de la chrétienté, on sait toutefois qu'elle fut martyre vers le VIIème siècle. Fille de Dioscope, elle avait refusé d'épouser un païen et, par le fait même, reniait la foi de ses ancêtres. C'est pourquoi son père la fit enfermer et condamner à mort. Un miracle se produisit alors : tandis que le bourreau levait son glaive pour la décapiter, un éclair surgissant du ciel devait le calciner. Ceci explique pourquoi Sainte-Barbe est la patronne des corporations afférentes au feu (artilleurs, pompiers, mineurs, etc.) dans les localités voisines de la mine : Maron, Chaligny, Neuves-Maisons, Chavigny, le jour de la Sainte-Barbe sera marqué de services religieux et de réjouissances.

La Sainte-Barbe en 1893.

Afin de renseigner le profane sur les origines de cette fête au pays, le comité de la Sainte-Barbe de Chaligny-le-Mont a bien voulu nous confier un document légué en 1958 par un ancien mineur, aujourd'hui défunt, M. Victor Munier. Ce document contient ses souvenirs qui remontent à l'année 1893. Le 4 décembre 1893, M Munier âgé de 14 ans, était mousse à la mine de Maron-Val-de-Fer. Il fêtait sa première Sainte-Barbe. C'était à l'époque, une cérémonie officielle constituée par un défilé dont le point de départ était les bureaux des usines. Ce défilé comprenait l'Harmonie de la Haute-Moselle qui précédait la statue de Sainte-Barbe, que suivait le directeur fondateur M Victor De Lespinatz, encadré lui-même par les chefs de la mine : MM. Hyacinthe Doll, directeur; Antoine Doll et Pierre Dupuy, chefs de poste; Emile Blaise et Stengel, employés au bureau. Enfin venaient tous les mineurs. Ce défilé imposant se rendait à l'ancienne église de Neuves-Maisons (place la mairie actuellement), trop petite pour contenir la foule à l'occasion du service religieux. Le successeur de M. De Lespinatz, M. Monnier, n'avait pas admis les perturbations qu'apportait cette fête dans les différents services de l'usine lorsqu'elle avait lieu un jour de semaine. Les 4 décembre 1906 et 1907 passèrent pratiquement inaperçus, Sainte-Barbe étant fêtée le dimanche suivant.