Y avait-il des souterrains à Chaligny ? D'après les croyances il y en avait pas mal :

1. Un qui allait jusqu'au château de Sexey-Aux-Forges en passant sous la Moselle. 2. Un qui s'étirait jusqu'à Vaudémont. 3. Un autre montait jusqu'à Mazagran. 4. Une galerie irait jusqu'à Liverdun. 4. Une galerie rejoignait le fort de Pont-Saint-Vincent. Une autre galerie conduisait jusqu'à la barrière du Val. J'en ai entendu des histoires, un peu folles il faut le dire, mais c'était comme un conte de fée, une légende....

En janvier 1999, j'ai posé la question à M. Léon Bernard, enseignant à la retraite il a répondu : << C'est de la légende . d'après moi il n'existe pas de souterrain, ou alors un seul en supposant que le château possédait un chemin de repli.

François Boyette, président du spéléo Club du secteur, affirme qu'un souterrain existe, une équipe de l'ancien groupe spéléo est descendu dedans. << Je ne pense pas qu'il passe sous la Moselle, c'est un lit sablonneux, plusieurs mètres de sable, je n'y crois pas. Il y a vraissemblablement un conduit de replis qui part du château et ressort à quelques centaines de mètres..>>

 

Dans son livre "Histoire méconnue de ma vallée" Bernard Perrin écrit ceci page 134 :

<< Pour terminer, je voudrais signaler l'existence" réelle d'un souterrain dans le parc. Le docteur Delestre l'a lui-même comblé, il part vers l'église N.E. et semble se diriger vers le S.O. (vallée de la Moselle). Il est voûté mais il est totalement obstrué par des éboulements intérieurs. Avant le comblage définitif, plusieurs personnes sont decendues par un orifice d'aération . Cette affirmation comblera d' aise les amateurs de sensations qui m' avaient souvent posé la question sur la présence à Chaligny de ce boyau souterrain >>

J'ai voulu en savoir plus et j'ai donc fait mon enquête auprès de diverses personnes. Mr Raymond Bouvot m'apprend alors << qu'un groupe de spéléos a dégagé l'escalier au fond du cafarnaüm de l'église, je ne sais pas ce qu'ils ont découvert. Ils ont rebouché par mesure de sécurité. Lorsque nous avons installé le chauffage près des fonds baptismaux un ringard a disparu dans le sol, sans doute une ancienne tombe.>>

 

Jean Louis Dardinier m' a dit << Je suis descendu à l'entrée il y a une trentaine d'années. L'entrée se trouve chez Marin au bout de la rue du château. Je me souviens avoir découvert une salle avec trois départs de galeries. En ce qui concerne l'église c'est mon équipe qui est descendue par l'escalier du cafarnaüm, nous avons creusé puis arrêté les travaux par mesure de sécurité. J'ai créé le club spéléo avec Gérard Marin, Gilles et Claude Flouw. C'est Gérard Marin qui m'a signalé l'existence d'un regard situé dans le parc de la propriété construite sur les ruines de l'ancien château. Il y avait juste de quoi passer le corps d' un homme, en dessous, une petite salle sorte de carrefour où j'ai constaté l'existence de trois entrées de galeries. Une allait en direction de la maison de Mr Delestre, la deuxième en direction de l'église et la troisième se dirigeait vers la vallée. Il y avait deux anneaux de métal rouillé scellés dans les murs, un peu comme ceux qui servent pour attacher les chevaux. L'endroit n' était pas très haut, 1 m 60 environ et les galeries voûtées. Nous avons demandé l'autorisation pour explorer ces tunnels, par l'intermédiaire de Mr Marin. Lorsque nous sommes revenus quinze jours plus tard l'entrée était bouchée. Le propriétaire l'a fait obstruer sans doute par crainte d' accidents.

Marin Gérard se souvient des travaux entrepris à partir d'un escalier situé au fond du cafarnaüm de l'église<< Nous étions aidés par un mineur, Abel Boulet , qui étayait comme à la mine.Nous avons trouvé un début de galerie mais les craintes exprimées par le curé et quelques paroissiens nous ont conduit à interrompre les recherches et à reboucher. Je suis descendu dans la bouche d'aération du parc, à environ 2 m de la surface du sol on découvre une sorte de carrefour où débouchent trois galeries. Tout est bâti en voûte empierrée mais chaque boyau est écroulé au bout de quelques mètres. Les galeries sont étroites, prévues sans doute pour laisser passer un homme. Apparamment elles étaient déjà en partie remblayées avec de la terre. L'entrée située dans le parc était en forme d'oeil de boeuf ..>>

Monographie de la commune de Chaligny écrite le 20 août 1888 par l'instituteur H. Housse : << On croit à l'existence d'un souterrain qui s'ouvrait dans la forteresse et avait son autre issue au bas du côteau. Cette dernière a disparu depuis longtemps et on ignore l'endroit où elle se trouvait. Quand à la première elle a été murée à l'époque des constructions actuelles. C'était d'après la tradition un souterrain voûté....

 

 

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Mystérieuse galerie

<< Je creusais un trou dans mon jardin, au pied de la maison et j'avais les deux pieds au fond, quand soudain le sol s'est dérobé. >> raconte Jean-Marie Philippe. << J'ai pu me raccrocher mais j'ai bien cru que je partais >>. Surprise. L'effondrement a laissé apparaître un petit boyau qui conduit à une galerie 5m plus bas. La mairie alertée a aussitôt fait appel au spécialiste incontesté des gouffres et cavités, le spéléologue François Boyette.

Ce dernier est aussitôt intervenu sur les lieux avec son fils Armand. Avec l'équipement adéquat et une caméra vidéo, il a pénétré dans l'étroit boyau pour parvenir dans une superbe galerie voûtée. << Les parois sont creusées dans la marne, mais le plafond est voûté en pierre >> explique-t-il << La galerie se prolonge sur 9 m, puis tourne à angle droit, en direction de la vallée, sur 6 m. Elle est large de 2,50 m et haute comme l'encolure d'un cheval. Elle s'arrête sur un éboulement.>> Hier François Boyette est revenu sur le lieux pour explorer à nouveau cette étrange galerie. Il a été rejoint par l'adjoint au maire Alain Kremer et quelques habitants du secteur.

Souterrain médiéval ?

François Boyette s'interroge . Il raisonne en technicien : << une ancienne galerie de mine serait à mon sens beaucoup plus étayée, on trouverait du bois, des traces de planches. Et puis ce serait sans doute plus étroit et moins haut.>> L'autre piste plausible serait celle d'un abri construit pendant la grande guerre, s'ouvrant à flanc de côteau et au milieu des vignes et des vergers, qui ont laissé place au lotissement d'aujourd'hui. Avec le fameux coude pour éviter l'effet de souffle d'une éventuelle explosion. Un très vieux bidon, datant probablement du début du siècle, a d'ailleurs été retrouvé au fond de la galerie.

<< Mais l'idée qui me plaît le plus, c'est que l'on ait retrouvé un ancien souterrain du château de Chaligny >> rêve le spéléologue. << C'est aussi plausible Une galerie de mine ne présente jamais d'équerre à 90 degrés. Un souterrain médiéval aurait pu tourner pour s'orienter vers la vallée >> Cette hypothèse séduit effectivement les chalinéens érudits.

Une carrière, dommage

Le site de l'ancien château de Chaligny est situé à quelque 300 m de là, plus haut sur le versant de la colline. Il a été rasé en 1467 et il n'en reste aujourd'hui que quelques traces. Et puis surtout, on a trouvé il y a trente ans, dans le parc du château, une sorte de carrefour souterrain de trois galeries venant du château. L'une se dirigeait vers l'église, l'autre vers le donjon et la troisième vers la vallée. Alors de là à imaginer sous la voûte le cliquetis des armurer des preux défenseurs de la forteresse...

Mars 2003

On sait aujourd'hui qu'il s'agissait d'une ancienne carrière d'extraction de marne, datant du début du siècle, sans doute pour les hauts fourneaux.