Les débuts courageux du Sporting

<< Il fallait en vouloir pour pratiquer le football dans les années 20 et 30 >> raconte Georges Reignier. << Je suis né en 1917 et j'ai fait du foot sur le plateau à l'âge de 15 ans avec Marcel Maxant, Jean Boutron, Jean Picard, Georges Ribault, Fernand Bohain, Louis Chapotot et bien d'autres..>> En 1920, le conseil municipal autorisé les jeunes sportifs de la localité à s'installer sur les terrains communaux incultes du plateau (aujourd'hui la sapinière) avec une surface de 150 ares environ. << Au début, il y avait deux terrains >> se souvient Georges Ribault, un autre ancien joueur, << Un pour l'équipe des Cités, l'autre pur celle du Mont et les footballeurs se changeaient dans un bistrot. Chaque dimanche, les buts étaient montés puis démontés après le match et remisés dans un grenier de la famille Eidinger en haut de la grande rue. >> Le 26 août 1923, le Sporting fut créé. Il regroupait trois disciplines : football, basket et athlétisme. Le 6 septembre, il était déclaré en préfecture et passait au journal officiel le 29 septembre 1923. Le comité se présentait comme suit : président Labry, cafetier; vice-président Reignier, mineur; trésorier Maxant , électricien; trésorier-adjoint Ribault, métallurgiste; secrétaire Michaud, dessinateur; secrétaire-adjoint Emile Bouf, gazier.

L'eau montée en citerne

Après quelques années de fonctionnement, l'association construisit une maisonnette de 7 m sur 3 en aggloméré. << A l'intérieur Raymond Py fabriqua une auge pour les ablutions >> rappelle Pierre Réveillé. Pour entourer le terrain, des traverses provenant de la mine furent installées, le fil de fer fut récupéré à l'usine. L'eau était montée en citerne sur une charrette tirée par un cheval. Les déplacements dans les villages environnants se faisaient à bicyclette, la partie finie, on se lavait à la fontaine ou à la rivière lorsqu'elle se trouvait à côté. Pas de confortables vestiaires, les anciens footballeurs n'étaient pas gâtés. Par contre , ils avaient toujours de nombreux spectateurs, d'ardents supporters, tellement chauvins que quelquefois le fête se terminait par une bagarre.

Le directeur de la filature devient président

Le 27 novembre 1929, Jacques RAUSCHER, directeur de la filature devint président du SCC, le trésorier fut remplacé par Louis Chapotot. En 1933, le SCC déposa une demande auprès du conseil municipal pour obtenir un nouveau terrain de jeu. L'assemblée lui accorda une parcelle des ppatis communaux au lieudit "les corvées" (stade actuel) d'une ongueur de 135 m sur une largeur de 120 m avec un bail de location de 99 ans.pour la somme de 1 f annuellement. Il y avait beaucoup à faire et les bénévoles ont retroussé leurs manches......

     
     
     
     
     
     
     
     
     
 
 
   
 

Chacun amène son outil

En 1934, la jeunesse avait peu de distractions, aussi est-elle venue en grande partie aider à la construction du stade. << Il a fallu débroussailler une partie de la parcelle et faucher l'autre >>, se souvient Georges Reignier. << Puis il y a eu un gros travail pour égaliser le terrain, surtout au milieu, il y avait un grand trou qui conservait l'eau lorsque la Moselle débordait ..>> Chacun amène son outil, sa brouette, heureusement la sablière est proche. On installe même une petite voie ferrée sur laquelle circule un petit wagon "Decauville" basculant qui permet de convoyer le sable. Il y aura également la construction d'un vestiaire en bois : << je crois bien que c'était un vieux wagon vestiaire >> rappelle Georges Reignier. En août 1934, le SCC propose de vendre à la commune la maisonnette construite au Haut de la Taye, sur l'ancien terrain de foot, sans doute pour financer le nouveau stade. Il semblerait que ce soit en 1941 qu'on ait élevé le portique et autres matériels de gymnastique, utilisés par les groupes scolaires. C'est d'ailleurs là que les candidats au certificat d'études primaires venaient passer leur brevet sportif. On y venait des communes avoisinantes.

Le directeur de la mine accepte la présidence

En 1942, Robert Forquin, directeur de la mine du Val de Fer accepte la présidence du SCC. Le trésorier est Louis Chapotot, le secrétaire Albert Ribault, membres Charles Maïaux, Jean Mampey, etc.. Au cours de la séance du 18 février 1942, une grande première, le conseil accorde une subvention de 1000 f au Sporting pour encouragement aux sports. Le 27 décembre de la même année, M Forquin sollicitait et obtenait une nouvelle subvention de 1000 f vu les résultats conquis par l'équipe première....

Dans les années 1940, l'entraîneur est Georges Charbonnier, un nancéien qui connaît bien son affaire et les séniors, joueurs solides et bien préparés, se retrouvent souvent en première série. Ils frôlent même la PH. Ils ne se déplacent plus en vélo mais en voiture grâce à la filature qui a fait don au club d'une vieille Renault cahotante mais solide, pilotée par M. Rouillon. Tout serait parfait si elle pouvait emmener l'équipe mais elle est prévue pour quatre places. Aux grands maux les grands remèdes. On décide de scier le fond de la carosserie, on rallonge le chassis avec des cornières et l'on arrive à créer une guimbarde qui fait l'étonnement des foules mais remplit bien son rôle. Par temps de gel, la mise en route est homérique. Il faut la laisser descendre jusqu'au café Bourriane (les Césars en bas de Chaligny) pour mettre en marche le moteur.

<< On était serrés dans ce véhicule raconte Jean François. Au début il n'était pas couvert >> . << Un jour ajoute René Caillet, un paysan nous a prêté une bâche tellement il pleuvait. On a fait toute la route avec cette toile sur la tête. Par la suite le véhicule a été équipé d'arceaux pour être bâché. En 1945-1946, nous sommes allés jusqu'à Creuzwald pour jouer contre Faulquement, à côté d'un camp de prisonniers allemands. Ils ont eu la permission de venir nous regarder jouer. >> Il règne alors une très bonne ambiance au Sporting et les responsables ne se privent pas pour organiser des fêtes. C'est ainsi qu'un dimanche, après le match des hommes, on voit jouer les femmes mariées contres les jeunes filles célibataires, match amusant qui remporte un joli succès et qui sera renouvellé à l'extérieur. << Chez les séniors, on avait rien à envier à l'équipe fanion >> se souviennent André Obriot et Bernard Bosmans, << vigoureux et motivés le 11 novembre 1947, nous avons terminé premiers de notre groupe et finalistes de la coupe Lerich disputée à Epinal, battus au corner par une équipe où jouait Piantoni >>.