Les artistes du "Cercle Sainte Thérèse"

De gauche à droite : Liliane Collinet, Jeanine Daniloff, Gisèle Hazard, Nicole Royer, Madeleine Munier, Marie-Thérèse Dontail, Jacqueline Petche, Jeannette Monamy, Thérèse Monamy, Berthe Monamy, Jeannette Maix et Jeanine Bouvot.

Le théâtre paroissial a laissé de très bons souvenirs et les anciens acteurs en parlent avec un plaisir évident. Des documents photographiques prouvent qu'avant la guerre de 1914-1918, il éxistait déjà une troupe. Tout comme la troupe des hommes le "Cercle Sainte Thérèse" réservé aux femmes était tout aussi dynamique. Il était dirigé d' une main ferme par soeur Appolonie qui, dès son arrivée en 1934 avait remis cette activité en route. Née Cécile Resperger à Colmar le 14 janvier 1878, elle est arrivée à Chaligny nantie d' une solide expérience pour avoir exercé son sacerdoce depuis de nombreuses années. Berthe Dontail se souvient bien d' elle. << Elle nous faisait jouer un petit divertissement comique suivi d' une pièce dramatique. Il me reste quelques programmes comme celui de "Les Miroual", histoire qui se déroule dans une famille bretonne sur fond de drame patriotique. Elle était précèdée de "Les deux bonnes de Mme Blaminet". Bien après la guerre, hommes et femmes ont pu faire du théâtre ensemble. A cette époque aux changements de décors, mon époux Jean Dontail chantait "L'ami Bidasse", "La caissière du grand café" devant le rideau, costumé en militaire et le visage fardé en blanc.>>

R'luquez moi j'suis p'tite Jeannette

Jeannette Hazard a participé très jeune puisqu'à l'âge de 6 ans, elle chantait "R'luquez-moi j'suis p'tite Jeannette", une chanson que lui avait apprise sa mère. Toute la troupe s'investissait, chacun avait à coeur la réussite du spectacle et apportait les accessoires. << Je me rappelle avoir joué dans "Le mystère de la chambre jaune" chez Labry. Ma belle soeur Gisèle Hazard a tenu un rôle dans de nombreuses pièces et Suzanne, ma belle-mère confectionnait les costumes qu' on ne trouvait pas.>>

Gabrielle Delcroix rit encore de ses souvenirs. << On répétait les soirs chez les soeurs et le logement était très étroit. cela prenait des heures. Pendant la pause, soeur Appollonie nous racontait des souvenirs à la fois poignants et cocasses de son passage à paris, on s' esclaffait quand il ne fallait pas, elle nous disait alors "Ne riez pas c'est triste!" , et on rigolait de plus belle. La dernière semaine avant la générale, la répétition se passait dans la salle du patronage, là encore on plaisantait dans les coulisses sous la scène et cela gênait les acteurs en place. Comme j'étais jeune, j'avais souvent des rôles de "marmousées", mendiante, sorcière etc... Les rôles bien habillés étaient mieux appréciés. Abel Boulet me parlait du théâtre à chacune de nos rencontres, il était resté très marqué par cette heureuse période.>>